Patrimoine disparu

Aquarelles réalisées par Anne Lamprier
à partir de documents anciens ou d'indications précises données par
Dominique Pierrelée pour son livre " Pornic Etoile et Reine ", Prix de l'Académie de Bretagne en 1999.

L'ancienne Eglise de Sainte-Marie

L'église de l'ancienne abbaye de Sainte-Marie datait des XI° et XII° siècles et était donc de style roman.

L'abbaye avait été fondée par les Philibertins puis reprise par les moines de Redon.

L'église abbatiale était précédée d'une imposante tour carrée surmontée d'un clocher qui servait d'amer aux marins de la baie. Elle fut détruite en 1864 et remplacée par l'église actuelle.



Le Porche de l'Abbatiale

Une très belle porte romane était située au midi, précédée d'un porche où se tenaient, après la grand'messe, les assemblées des marguilliers du Conseil de Fabrique de la Paroisse.

Un calvaire se dressait en face de cette porte.

On a peine, aujourd'hui, à comprendre comment ce magnifique témoignage du passé a pu être jeté à bas à la fin du XIX° siècle.



La ville de Pornic au début du XIX° siècle

C'était encore une petite cité médiévale derrière ses remparts, aux ruelles étroites et pentues, aux maisons couvertes d'ardoises ou de chaume, serrées autour de son église au clocher élancé tourné vers la mer.
A l'intérieur de l'église, un retable et de vieux saints de bois, au sol les dalles funéraires des templiers et des recteurs de la paroisse.
Elle fut abattue en 1869 pour faire place à l'église actuelle.
Du château, ruiné à la révolution, ne restaient plus que de grandes murailles.
A la sortie de la ville, le manoir de Montplaisir abritait dèjà l'hôpital, mais avait gardé son aspect ancien.
Au fond de la ria, la chaussée portait encore deux moulins à marée.
La mode des " bains de mer " allait à jamais modifier le paysage et détruire ces témoignages de notre passé.



Les Moulins à Marée du Rouet

En 1225, une chaussée (sorte de barrage en pierre) est construite au fond de la ria, reliant les deux rives.
Elle est située dans le cours final de la petite rivière de Haute Perche qui prend alors, à cet endroit, le nom de Rouet en raison de la présence des 4 roues des moulins à marée édifiés sur cette chaussée.
Le sire de Retz, Garsire, en confie l'exploitation aux templiers.
Plus, tard, Harscoët III partagera les droits de mouture entre les templiers et les moines de Buzay.
Les moulins seront démolis en 1855, au début des " bains de mer " et la chaussée remplacée par un pont.



La Chapelle de Recouvrance

Située à proximité de la Terrasse, c'était la chapelle des marins et en particulier des terre-neuvas.
Tous les ans, un pardon avait lieu avant le départ des bateaux pour la grande pêche.
Après la fête, une procession partait de la chapelle et se dirigeait vers le port.
Là, le recteur bénissait les navires au milieu des chants des fidèles.
Près de la chapelle s'étendait le cimetière des marins entouré d'un "mur des péris en mer".
Les marins, à leur retour de campagne, venaient pieds nus s'agenouiller devant l'autel de granit et brûlaient un cierge à la Vierge qui les avait protégés.
La chapelle fut détruite en 1850 et le cimetière transféré à la Croix Moinard où il se trouve toujours.



Le Château au cours du temps

1) LE PREMIER DONJON DEFENSIF

Lors de la fondation de la ville par Budic, petit neveu du légendaire roi Gradlon, un donjon, probablement en bois, entouré d'une palissade fut érigé pour défendre la ville. Incendié par les Vikings en 843, il fut reconstruit par Alain Barbetorte en 938, après qu'il eut chassé les Normands de Bretagne.
2) LA PLACE FORTE DES XII° ET XIII° SIECLES

Point essentiel de la défense de la côte sud de la Bretagne, le château de Pornic appartenait aux Seigneurs de Retz : les Garsire et les Harscoët au XII° siècle et les Chabot aux XIII° et XIV° siècles, tous vassaux du Duc de Bretagne.
3) LA FORTERESSE DU XV° SIECLE

Au XV° siècle, la forteresse est agrandie et remaniée et passe, par héritage, à la famille de Laval,dont est issu le terrible Gilles de Rais. Les Laval ne résident pas à Pornic. Le château est occupé par une importante garnison ayant un capitaine à sa tête : Gilbert Helgast, Yvon de Kersabiec ....
4) LE CHÂTEAU VERS 1900





Ruiné à la révolution, le château restera 32 ans à l'abandon puis sera acheté par un négociant nantais, Monsieur Lebreton, qui fera édifier des maisons dans l'enceinte et sur la tour sud.


Fort heureusement, à la fin du XIX° siècle, le château est restauré dans le style néogothique en vogue à l'époque et tel que nous pouvons le voir aujourd'hui.
        Voir l'animation sur l'évolution du Chateau        



La dernière Tour des Remparts


(Dessin de De WISMES)
Ce " chef-d'oeuvre en péril ", qui était encore en parfait état à la fin du XIX° siècle, est actuellement en grand danger de s'écrouler.
La toiture est crevée et la végétation qui recouvre entièrement la tour aura bientôt raison de sa belle maçonnerie de schiste typique de notre pays.
Ce dernier vestige des remparts est laissé complètement à l'abandon.

Voir la Tour aujourd'hui ...



Deux anciennes maisons du Bourg aux Moines

Ces deux très belles maisons du Bourg-aux-Moines, dessinée vers 1890 par le Baron de Wismes, existent toujours, mais ont été tellement modifiées, qu'on peut les considérer disparues.
Combien de maisons du vieux Pornic ont ainsi été dénaturées sans aucun respect de leur style véritable.

(Dessin de De WISMES)
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